Les neuroleptiques : traitement des troubles psychotiques

Les neuroleptiques : traitement des troubles psychotiques

Comprenez le rôle des neuroleptiques dans le traitement de la schizophrénie et des troubles psychotiques, leurs bénéfices et leurs effets secondaires.

9 février 2026
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Les neuroleptiques et antipsychotiques : une analyse approfondie des traitements en santé mentale en Belgique

Introduction

Les troubles psychotiques, tels que la schizophrénie, représentent des affections mentales complexes qui affectent significativement la perception, la pensée et le comportement des individus. La prise en charge de ces pathologies repose en grande partie sur l'utilisation de médicaments connus sous le nom de neuroleptiques ou antipsychotiques. Ces substances, dont l'efficacité est avérée dans la gestion des symptômes psychotiques, ont évolué au fil du temps, donnant naissance à différentes générations de traitements. Cet article se propose d'explorer en détail les neuroleptiques et antipsychotiques, en distinguant les classes typiques (première génération) et atypiques (deuxième génération), leurs mécanismes d'action, leurs indications thérapeutiques, ainsi que leurs effets indésirables. Une attention particulière sera portée aux marques commerciales disponibles en Belgique, afin de contextualiser l'information pour les professionnels de la santé et les patients wallons.

Développement

Classification et mécanismes d'action

Historiquement, le terme « neuroleptique » désignait les médicaments capables de réduire les symptômes psychotiques, souvent associés à des effets neurologiques marqués. Aujourd'hui, le terme « antipsychotique » est privilégié, reflétant une compréhension plus nuancée de leur action. Ces médicaments sont classés en deux catégories principales : les antipsychotiques de première génération (APG), dits « typiques », et les antipsychotiques de deuxième génération (ASG), dits « atypiques ».

Les antipsychotiques de première génération (APG) agissent principalement en bloquant les récepteurs dopaminergiques D2 dans le cerveau [1]. Cette action permet de réduire l'hyperactivité dopaminergique, considérée comme un facteur étiologique majeur des symptômes positifs de la schizophrénie, tels que les hallucinations et les idées délirantes. Parmi les APG, on retrouve des molécules comme l'halopéridol et les phénothiazines. Bien qu'efficaces, leur profil d'effets indésirables est souvent caractérisé par des symptômes extrapyramidaux (SEP), incluant des dystonies, des akathisies et un parkinsonisme [1].

Les antipsychotiques de deuxième génération (ASG) se distinguent par un mécanisme d'action plus complexe. En plus de bloquer les récepteurs D2, ils exercent également une action sur d'autres récepteurs, notamment les récepteurs sérotoninergiques 5-HT2A. Cette polyvalence pharmacologique confère aux ASG un profil d'effets indésirables généralement plus favorable, avec une incidence moindre de SEP, et une potentielle efficacité sur les symptômes négatifs et cognitifs de la schizophrénie [1]. Des exemples d'ASG incluent la clozapine, l'olanzapine, la quétiapine, la rispéridone et l'aripiprazole.

Indications thérapeutiques

Les antipsychotiques sont principalement indiqués dans le traitement de la schizophrénie, tant en phase aiguë que pour la prévention des récidives. Leur efficacité sur les symptômes positifs est bien établie. Cependant, leur rôle s'étend à d'autres affections psychiatriques :

  • Troubles bipolaires : Les antipsychotiques, en particulier les ASG, sont utilisés dans la gestion des épisodes maniaques et dépressifs associés aux troubles bipolaires [1].
  • Agitation psychomotrice : En cas d'agitation sévère, notamment en contexte de psychose ou de confusion aiguë, les antipsychotiques peuvent être administrés pour stabiliser le patient [1].
  • Troubles du comportement dans la démence : Bien que leur utilisation soit soumise à des précautions en raison d'un rapport bénéfice/risque défavorable chez les personnes âgées, certains antipsychotiques peuvent être envisagés en dernier recours pour des troubles du comportement sévères et persistants [1].
  • Psychose associée à la maladie de Parkinson : La clozapine est le seul antipsychotique dont l'efficacité est suffisamment démontrée dans cette indication, sous stricte surveillance [1].

Effets indésirables

Malgré leur efficacité, les antipsychotiques sont associés à une gamme d'effets indésirables qui nécessitent une surveillance attentive. Ces effets varient en fonction de la molécule et de la sensibilité individuelle du patient.

Les effets extrapyramidaux (SEP) sont particulièrement fréquents avec les APG et incluent :

  • Dystonie : contractions musculaires involontaires et prolongées.
  • Akathisie : sensation d'agitation interne et besoin impérieux de bouger.
  • Parkinsonisme : tremblements, rigidité et akinésie, similaires aux symptômes de la maladie de Parkinson [1].

Les dyskinésies tardives, mouvements involontaires persistants, peuvent apparaître après une utilisation prolongée, en particulier avec les APG. Elles sont potentiellement irréversibles [1].

Les effets métaboliques sont plus souvent associés aux ASG, notamment la clozapine et l'olanzapine. Ils comprennent :

  • Prise de poids : un effet indésirable fréquent qui peut entraîner des complications cardiovasculaires et métaboliques.
  • Hyperglycémie et dyslipidémie : augmentation du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires [1].

Autres effets indésirables notables :

  • Sédation : fréquente, surtout en début de traitement.
  • Hypotension orthostatique : risque de chutes, en particulier chez les personnes âgées.
  • Allongement de l'intervalle QT : risque d'arythmies cardiaques graves [1].
  • Hyperprolactinémie : peut entraîner des troubles sexuels, aménorrhée et galactorrhée [1].
  • Diminution du seuil convulsif : risque accru de crises d'épilepsie, notamment avec la clozapine [1].

Marques commerciales belges

En Belgique, plusieurs antipsychotiques sont disponibles sous différentes marques commerciales. Il est essentiel de noter que la disponibilité et les noms peuvent varier. Voici une liste non exhaustive des principes actifs et de certaines de leurs marques commerciales, en distinguant les antipsychotiques typiques et atypiques, selon les informations du Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique (CBIP) [1].

Classe d'antipsychotiquePrincipe actifExemples de marques commerciales belges
TypiquesHalopéridolHaldol, Haloperidol EG, Haloperidol Mylan
FlupentixolFluanxol
ZuclopenthixolClopixol
SulpirideSulpiride EG
AtypiquesAripiprazoleAbilify
AsénapineSycrest
CariprazineReagila
ClozapineLeponex, Clozapine EG
OlanzapineZyprexa, Olanzapine EG, Olanzapine Mylan
PalipéridoneInvega, Xeplion, Trevicta
QuétiapineSeroquel, Quetiapine EG, Quetiapine Mylan
RispéridoneRisperdal, Risperidone EG, Risperidone Mylan
SertindoleSerdolect

Il est important de souligner que cette liste est indicative et que la prescription de ces médicaments doit être effectuée par un professionnel de la santé, en tenant compte du profil du patient et des spécificités de chaque molécule. Les informations détaillées sur les conditionnements et les indications précises sont disponibles via le Répertoire Commenté des Médicaments du CBIP [1].

Implications pratiques

La prise en charge des patients nécessitant un traitement antipsychotique en Belgique, et plus spécifiquement en Wallonie, implique une approche multidisciplinaire. Les cliniciens doivent non seulement choisir le médicament le plus adapté en fonction de l'efficacité et du profil d'effets indésirables, mais également considérer les aspects pratiques liés à l'observance du traitement. Les antipsychotiques à action prolongée (APAL), disponibles sous forme injectable, peuvent améliorer l'observance chez certains patients, bien qu'ils nécessitent un suivi régulier [1].

L'éducation thérapeutique du patient et de son entourage est également essentielle. Une bonne compréhension des objectifs du traitement, des bénéfices attendus et des effets secondaires potentiels permet d'améliorer l'adhésion et de réduire les risques d'interruption prématurée. Les professionnels de la santé doivent également être vigilants aux interactions médicamenteuses et aux comorbidités, en particulier chez les personnes âgées, qui sont plus sensibles aux effets indésirables [1].

La surveillance régulière des paramètres métaboliques (poids, glycémie, lipidémie) est recommandée pour les patients sous ASG, afin de détecter et de gérer précocement les complications métaboliques. De même, un suivi cardiologique, incluant un électrocardiogramme (ECG), peut être nécessaire pour les médicaments connus pour allonger l'intervalle QT [1].

Conclusion

Les neuroleptiques et antipsychotiques constituent une pierre angulaire dans le traitement des troubles psychotiques et d'autres affections psychiatriques. L'évolution de ces médicaments, des APG aux ASG, a permis d'améliorer le profil de tolérance et d'élargir les options thérapeutiques. En Belgique, une gamme variée de ces médicaments est disponible, offrant aux cliniciens des outils précieux pour la prise en charge de leurs patients. Une connaissance approfondie de leurs mécanismes, indications, effets indésirables et des marques commerciales locales est indispensable pour une prescription éclairée et un suivi optimal. L'approche thérapeutique doit toujours être individualisée, intégrant les données scientifiques les plus récentes et les préférences du patient, afin d'optimiser les résultats cliniques et d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de troubles mentaux.

Références bibliographiques

[1] Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique (CBIP). (s.d.). Antipsychotiques. Consulté sur https://www.cbip.be/fr/chapters/11?frag=7799 et https://www.cbip.be/fr/chapters/11?frag=19018